Ingénieur en robotique, diplômé de l’ESTIA, école d’ingénieurs généraliste située à Bidart, j’ai complété ma formation par un master de spécialisation en robotique et systèmes embarqués à l’université de Salford, près de Manchester.
Maker et véritable passionné de robotique, je me suis inscrit en 2012 sur le forum Robot Maker, qui existait déjà à l’époque. J’y ai alors aidé pas mal de personnes et, par la même occasion, énormément appris.
Entrepreneur dans l’âme, j’ai commencé à me lancer en tant qu’auto-entrepreneur dès 2013, en parallèle de mes études, en proposant de la conception de systèmes mécatroniques sur mesure et du prototypage.
J’enchaîne alors pas mal de projets : je deviens président d’une association de robotique, je participe à la Coupe de France de Robotique et deviens modérateur sur le forum Robot Maker.
C’est à ce moment-là que je me fais repérer par Octopus Robots (ex-MCAI), en septembre 2014. C’est à partir de là que je commence mon aventure au sein de cette entreprise.
MCAI était alors une entreprise spécialisée dans les appareils de désinfection et souhaitait effectuer un virage à 90° pour devenir une entreprise spécialisée dans les robots autonomes de désinfection.
J’interviens d’abord en tant que prestataire externe, toujours en parallèle de mes études. J’y effectue ensuite ma mission de fin d’études, puis j’enchaîne à nouveau avec des prestations externes, jusqu’à accompagner l’entreprise dans une levée de fonds de 1,5 million d’euros.
Je deviens alors salarié associé, en juillet 2016, et responsable du bureau d’études, dont l’équipe s’agrandit peu à peu pour atteindre un effectif de neuf personnes.
C’est à ce moment-là que le propriétaire du site Robot Maker, « Jan », souhaite revendre le site, celui-ci n’étant pas rentable : pas de revenus, mais des dépenses et beaucoup de temps à y consacrer…
Afin de « sauver » Robot Maker, sans pour autant faire sombrer le site sous les publicités, je rachète 50 % du site et lance avec Jan le projet Robot Maker SAS : une boutique de produits robotiques destinée à fournir du matériel à la communauté Robot Maker ainsi qu’à l’Éducation nationale.
L’idée de base est plutôt simple : importer des produits en quantité afin de profiter de prix réduits, puis les revendre au détail à un prix correct pour les acheteurs, tout en conservant une marge suffisante pour faire vivre le site et couvrir l’ensemble des dépenses de la SAS. Et, si possible — mais cela reste optionnel à ce stade —, mettre en place une petite rémunération en contrepartie de tout le temps consacré au projet.
À ce moment-là, je travaille en effet toujours à temps plein pour Octopus Robots. Cependant, tout ne se passe pas exactement comme prévu. Après un an d’activité, Jan décide de se désengager du projet qui, malgré nos efforts, n’est toujours pas suffisamment rentable. Je crois toujours au projet et ne souhaite pas abandonner le site Robot Maker. Je rachète donc ses parts de la SAS ainsi que celles du site web.
De son côté, Octopus Robots est désormais bien lancée. Une équipe soudée est en place et Octopus devient la première AgTech cotée à la Bourse de Paris, avec une inscription par admission technique sur Euronext Access™ le 14 mars 2018.
Bref, tout roule de ce côté-là. Ce n’est plus vraiment le moment d’innover, mais plutôt d’industrialiser : beaucoup de solutions techniques sont désormais retenues et doivent être déployées. Il est donc temps pour moi de quitter Octopus Robots — via une rupture conventionnelle en 2018 — et de me lancer dans mes propres projets, tout en respectant la clause de non-concurrence qui me lie encore à l’entreprise.
Je profite de cette période pour consacrer davantage de temps au redressement de Robot Maker et commencer à planifier mes prochains projets…
Fin juin 2018, ma clause de non-concurrence avec Octopus Robots arrive à son terme. Je peux désormais me concentrer pleinement sur mon prochain grand projet : Vigibot, un ensemble de solutions matérielles et logicielles permettant le contrôle à distance, via Internet, de machines et de robots.
En parallèle, je continue à développer Robot Maker. Ce qui était initialement essentiellement une communauté accompagnée d’une boutique de composants robotiques évolue progressivement vers une activité beaucoup plus large.
Aujourd’hui, Robot Maker travaille aussi bien avec des établissements scolaires et des écoles d’ingénieurs qu’avec des communes, des mairies, des musées et des entreprises de toutes tailles, de la petite structure aux grands groupes.
Nous continuons bien entendu à fournir du matériel robotique et électronique, mais nous accompagnons également nos clients dans la recherche de solutions et de composants spécifiques. Nous proposons notamment un véritable service de « personal shopper » technique : lorsqu’une entreprise recherche un composant, un module, un fabricant ou une solution répondant à un cahier des charges particulier, nous pouvons effectuer le sourcing, comparer les solutions existantes et, si nécessaire, travailler directement avec des fabricants pour adapter ou personnaliser un produit.
Mais notre activité ne se limite plus depuis longtemps à la fourniture de matériel. Au fil des années, nous avons réalisé de nombreux projets sur mesure mêlant robotique, électronique, mécanique, informatique et systèmes embarqués.
Cela va de la conception de cartes électroniques spécifiques à la réalisation de prototypes complets, en passant par des objets connectés, des systèmes d’acquisition et de supervision, des bancs de test, des interfaces tactiles, des systèmes interactifs pour des musées, des mécanismes et robots pour escape games ou encore des machines et équipements industriels spécifiques.
Nous avons ainsi été amenés à travailler sur des domaines extrêmement variés : robotique téléopérée avec retour vidéo, robotique artistique, drones, instrumentation et acquisition de données, capteurs connectés, interfaces homme-machine, systèmes multimédias interactifs, jeux et quiz électroniques, automatismes, pilotage de moteurs, cartes électroniques modulaires ou encore prototypes destinés au domaine médical.
Une partie importante de notre travail concerne également le logiciel. Cela comprend aussi bien le développement embarqué que des applications, des outils web, des systèmes de supervision d’objets connectés, des bots ou encore des bibliothèques de code dont certaines sont publiées en open source sur GitHub.
C’est finalement ce que j’apprécie particulièrement avec Robot Maker : ne pas être enfermé dans un domaine extrêmement précis. Un projet peut commencer par une simple recherche de composant et finir par nécessiter la conception d’une carte électronique, du développement embarqué, une pièce mécanique, une interface web et un prototype complet. Cette diversité me permet de continuer à toucher à de nombreux domaines de la robotique et de la mécatronique, tout en découvrant régulièrement de nouvelles problématiques.
En parallèle de cette activité, je continue à participer à des compétitions de robotique, et notamment à la Coupe de France de Robotique. Avec l’équipe Mars Attacks, nous avons entre autres remporté la Coupe de Belgique en tant qu’équipe invitée, puis, en 2026, la Coupe de France de Robotique dans la catégorie Légende.
Je continue également à transmettre une partie de cette expérience à travers l’enseignement et la formation. J’interviens notamment dans différentes écoles, dont l’ESTIA et l’EIGSI, sur des sujets tels que la robotique mobile, les systèmes embarqués, la programmation procédurale ainsi que la cartographie et la localisation des robots.
Finalement, plus de dix ans après mes premiers projets réalisés en parallèle de mes études, le fil conducteur reste sensiblement le même : imaginer, concevoir et réaliser des systèmes qui mêlent électronique, mécanique et informatique, tout en continuant à apprendre, expérimenter et partager autour de la robotique.